Spinnaker Piccard, la plongeuse des Mariannes

nouvelle Spinnaker Piccard SP-5098.jpg

Après une première incursion remarquée dans la petite famille des montres hors norme l’année dernière, avec la Piccard première du nom, Spinnaker lance cette fois-ci une version revisitée de cette dernière, avec des dimensions plus raisonnables. Une chance de pouvoir espérer la porter au quotidien sans ruiner ses manches de chemise ou être la risée de vos collègues, complètement étranger à l’histoire de l’horlogerie et de l’exploration sous-marine.

Pourquoi la risée ? Parce qu’avec 47mm de diamètre, 25mm d’épaisseur et 26mm d’entre-corne, cette montre ne se destinait clairement pas aux poignets menus. Et même en étant bien bâti, la bestiole en impose. Proposée alors en 2 séries limitées de 300 pièces (une version titane, l’autre en titane PVD bronze), cette Piccard s’est rapidement retrouvée épuisée. Ce qui a sans doute motivé Spinnaker à proposer cette nouvelle version.

(Nous en avions parlé dans notre sélection des montres automatiques à – de 1000€)

(Une vidéo pour vous faire une meilleure idée de ses dimensions)

Mais comment est-elle née ? Quelle mouche a donc piqué Spinnaker pour proposer un tel OHNI ?

La “Piccard”, d’où vient-elle ?

La Piccard rend hommage à Jacques Piccard, un océanographe suisse, qui, accompagné de Don Walsh, un lieutenant de la marine américaine, est descendu en 1960 au fond de la fosse des Mariannes, à -10916m sous la surface de la mer des Philippines, à bord du Trieste. Le but de cette expédition était de vérifier si de la vie était possible à ces profondeurs, où la pression atteint 1 tonne par cm², 1000 fois la pression de la surface !

Accrochée à l’extérieur du bathyscaphe de la marine américaine, une Rolex prototype spécialement développée pour résister à ces pressions, la Rolex Deep Sea Special. Le calibre de série était emboité dans une boite hypertrophiée de 62x42mm pour une épaisseur de 42mm également ! Il est à noter que le verre conçu pour résister à ces profondeurs extrêmes était pour le moins imposant !

rolex-Deepsea-Special.jpg

La montre fit le voyage aller/retour sans encombre, réussissant ce challenge extraordinaire. Un de ces prototypes s’est récemment vendu aux enchères à Genève pour un peu plus d’un million de francs suisses (environ 960,000€).

Et la montre Spinnaker alors ?

C’est à cette incroyable aventure que les Piccard rendent hommage. Alors que la première série était étanche à 1000m, et réalisée en titane, cette nouvelle itération est plus modestement étanche à 550m et en acier. Cette diminution des prétentions permet de réduire les dimensions quand le choix de l’acier augmente sensiblement le poids ! À 233 grammes avec le bracelet réglé pour mon poignet de 18,5cm, l’engin ne concourt pas vraiment en catégorie poids plume !

nouvelle Spinnaker Piccard SP-5098

La nouvelle Spinnaker Piccard SP-5098

Les dimensions, elles, sont presque raisonnables pour une montre de plongée de cet acabit. Avec 45mm de diamètre et une entre-corne de 22mm, elles ne donnent pas à froncer le sourcil. Par contre, ce sont les 21mm d’épaisseur qui interrogent ! Elles s’expliquent quand on regarde la montre de profil. Outre une boite déjà conséquente avec ses 9mm hors fond, elle est surplombée d’un verre saphir ultra-dôme pour le moins spectaculaire ! Anti-rayure et traité anti-reflet, il est la pièce maitresse d’une montre décidément atypique. Imaginez qu’il surplombe la lunette de presque 6mm !

Attention aux encadrements de porte et autres poignées !

Spinnaker Piccard SP-5098 epaisseur.

La lunette, revenons-y, cliquette gentiment 120 fois par tour, et son insert céramique gradué possède un triangle luminescent, seule petite touche blanche sur ce design minimaliste. Elle cercle un cadran joliment exécuté, bleu sur le modèle qui m’a été confié, et qui offre de très jolis reflets au soleil. Les index bâtons appliqués qui marquent les heures sont recouverts de Super-Luminova, pour une lisibilité optimale.

Spinnaker Piccard SP-5098 epaisseur.jpg

Spinnaker Piccard SP-5098 epaisseur.

Spinnaker Piccard SP-5098

Ce cadran est entouré d’un rehaut argent, faisant mention de la présence de la valve à hélium, et de l’étanchéité exprimée en brasses, soit 300 fathoms. Il intègre le guichet de date, à 3h. Le logo de la marque, chromé, contraste bien dans cet univers et apporte une petite touche luxueuse. A 6h, l’étanchéité est mentionnée, en pieds et en mètres, de même que la mention Automatic.

Spinnaker Piccard SP-5098 cadran

Automatique, qualifie le remontage du quasi-incontournable NH35, la version non brandée du calibre Seiko 4R35. Un tracteur fiable, à la précision honnête et à la réserve de marche raisonnable (41h) sans mériter de louanges particulières. Il a pour lui des performances loyales et un tarif attractif. En bref, il fait le job. Notons quand même le stop seconde et le remontage manuel possible, des arguments sur lesquels aucun mouvement moderne ne peut faire l’impasse. Il entraine 3 aiguilles, ce qui constitue le minimum pour toute plongeuse qui se respecte. Les aiguilles des heures et des minutes, de forme bâtons, ainsi que la trotteuse lollipop orange et noire sont également luminescents, comme les index précédemment évoqués. La mise à l’heure s’opère grâce à une généreuse couronne à 3h, gravée, au diamètre aussi imposant que l’épaisseur du boitier : 9mm. Les grincheux pourront difficilement arguer d’une préhension difficile !

Spinnaker Piccard SP-5098-couronne

Afin de maintenir ce hublot à votre poignet, Spinnaker l’a équipé d’un bracelet acier de belle facture, mais dont la mise à taille donne des sueurs froides. Les goupilles sont récalcitrantes, et je vous conseille de passer par un horloger si vous n’êtes pas correctement équipés pour cette opération. Voila qui à le mérite de rassurer, vous ne risquez pas de perdre un maillon à l’insu de votre plein gré !

Spinnaker Piccard SP-5098-couronne-bracelet

Le bracelet

Celui-ci se ferme par une boucle déployante avec extension de plongée. Cette dernière m’a laissé un sentiment mitigé. Je la trouve un peu cheap par rapport au reste de la montre. Aucun grief particulier, mais elle ne soulèvera pas les foules dans la catégorie « boucle de l’année ».

Spinnaker Piccard SP-5098-fermoir

Le fermoir

Au contraire du fond de boite qui est superbe. Plein, comme il se doit pour une montre de plongée, on y retrouve la superbe gravure du Trieste, comme sur la 1 ère Piccard. Cette gravure est polie, offrant un joli contraste avec le reste, qui est brossé.

Spinnaker Piccard SP-5098-gravure

Gravure sur fond de boite

Spinnaker Piccard : Mon verdict

Dans l’ensemble, cette Piccard respire la qualité, et où qu’on s’attarde, il n’y a pas grand-chose à lui reprocher, elle est très bien exécutée.

Au porté, l’épaisseur importante et le poids conséquent pourrait faire craindre une expérience déplaisante. Il n’en est rien. Le bracelet et la boucle déployante sont très confortables et le fond de boite tombe parfaitement sur le poignet. Je porte la montre très bas sur l’avant bras, et la taille de la couronne m’inquiétait, il arrive que certaines me blessent. Mais le fond de boite étant relativement épais, elle n’entre que peu en contact avec la peau, et ne provoque aucune gêne.

montre-piccard-avis

Il faut cependant revenir sur ses dimensions hors normes. Son diamètre ne la destine pas à tous les poignets. Si elle ne semble pas trop énorme sur mon poignet de 18,5cm, attention aux poignets plus petits. Et il reste surtout cette épaisseur caricaturale, qui signe l’objet. Il fait toute l’originalité et la personnalité de la Piccard, mais assurément aussi son point le plus clivant. Ses 21mm peuvent séduire, mais aussi lasser. Comme toutes les montres à la personnalité affirmée, elle sera plus à son aise au sein d’une collection variée et assumée qu’en temps que montre du quotidien.

spinnaker piccard-test-avis.jpg

spinnaker piccard-test-avis

Mais il n’en demeure pas moins qu’elle a de beaux arguments à faire valoir. Un design, évidemment, à nul autre pareil, et en ces temps de monotonie horlogère, ce n’est pas la moindre de ses qualités. Une très belle qualité de fabrication, également. Pour une montre de ce segment, elle est difficile à prendre en défaut : verre saphir ultra dôme, valve à hélium, insert céramique, Super Luminova, calibre Seiko, bracelet acier avec boucle déployante, n’en jetez plus, la coupe est pleine ! Et puis, et surtout, sur cette version bleue, le cadran offre des reflets absolument superbes, et des nuances de teinte spectaculaires.

En conclusion, si vous aimez les montres spectaculaires, et conséquentes, cette Piccard vous séduira.

Attention à son volume et surtout à son épaisseur qui pourrait être gênante dans certaines situations. Concernant son positionnement tarifaire, proposée autour de 600€, elle est très concurrentielle, et offre des prestations que peu de concurrentes peuvent aligner à tarif identique.

Je ne suis pas un aficionado de la marque, mais je dois avouer qu’avec la Piccard, Spinnaker frappe un grand coup. Une fois n’est pas coutume, ou le début d’une nouvelle ère ? L’avenir nous le dira.

Et pour ceux qui voudraient faire leurs propres avis avec cette montre, vous pouvez commander via ce lien, vous aurez -15% avec le code THEOG18.

Partager:
Written by Richard S.
Amateur d'horlogerie dans les 2 sens du terme, puisque je ne suis pas un professionnel du milieu, cette passion est venue s'ajouter à de nombreuses autres il y a une petite dizaine d'années. En amour, comme disent nos cousins québéquois, pour Seiko, ma collection est plutôt centrée sur les montres de plongée, mécaniques ou à quartz, une technologie qui mérite de retrouver de la respectabilité. Recul et objectivité sont des qualités qui me permettent de vouer un amour raisonné et raisonnable au monde horloger et à ses dérives.