La Magnifique collection de montres de Jean-Paul Belmondo

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Bébel, c’était les cascades, les punch-lines, le sex-symbol, les succès, mais aussi les montres. Jean-Paul Belmondo, AKA Le Magnifique ou encore l’As des As, restera à jamais un monument du cinéma français ainsi qu’un représentant de la classe à la Française de la fin du 20ème siècle dans le monde entier.

Immense acteur et cascadeur français mais aussi producteur de films et directeur de théâtre, Belmondo est né en 1933 à Neuilly sur Seine. En 50 ans de carrière, on estime que 160 millions de spectateurs auraient vu ses films au cinéma. Il nous a quitté début septembre 2021, en laissant le monde du cinéma français en berne.

Cet article, c’est notre façon à nous de lui rendre hommage, à notre manière, en nous penchant sur son poignet pour voir ce qu’il nous apprend sur le grand homme qu’il était. Cela fait longtemps que nous voulions traiter le sujet mais nous avons préféré prendre notre temps et ne pas brusquer les choses simplement pour profiter du pic d’intérêt autour de son nom en septembre dernier.

Il semblerait qu’il entretenait un réel intérêt pour les montres comme on va le voir tout de suite. Voilà donc notre clin d’oeil à ce monument d’une époque révolue qui continuera à nous faire rêver à jamais.

 

 

Rolex GMT Master

Belmondo Rolex GMT Master 1675

En 1966 dans Tendre Voyou, l’acteur portait une Rolex GMT Master. Il s’agit d’une montre lancée au milieu des années 50 suite à une commande de la compagnie aérienne la Panam, qui voulait équiper ses pilotes internationaux de montres affichant deux fuseaux horaires en même temps. C’est d’ailleurs pour cela que la montre reprend les couleurs bleu et rouge, couleurs principales du logo de la compagnie aérienne, réutilisées ici pour différencier les heures de jour et celles de nuit sur la lunette rotative utilisée pour lire l’heure du second fuseau horaire sur 24h. Concernant celle de Bébel, il s’agissait certainement d’une référence 1675 lancées en 1959 et reconnue comme l’une des GMT Master les plus iconiques.

Rolex Submariner

Belmondo Submariner 5508

On reste chez la marque d’Hans Wilsdorf à la fin des années 60, notamment dans le film Ho!, puisque l’acteur portait une Rolex Submariner. La Submariner est considérée comme la pièce à l’origine de la dive-watch telle que l’on la connait aujourd’hui et elle est, au moins autant que Belmondo, un monument dans son secteur.

La toute première Submariner, la référence 6204 remonte à 1953. Celle qu’il porte ici semble être une référence 5508, la toute dernière Submariner sans protège couronne. Celle-ci fut produite de 1958 à 1962 et elle n’était étanche qu’à 100 mètres. Quelques années plus tard, au tout début des années 70, on le voit à nouveau avec cette montre dans le film Le Casse. 

Belmondo Rolex Submariner 5513

Dans Le Professionnel en 1981, il porte également une Submariner mais cette fois-si sur un bracelet acier. Elle prend même rôle important dans le film puisque son personnage insiste pour passer chez lui récupérer sa montre fétiche. Difficile d’être sûr de la référence exacte mais on descelle un protège couronne qui pourrait correspondre à une 5513. Celle-ci fut produite de 1962 à 1990. Le mouvement entrainant la 5513 n’était pas certifié COSC contrairement à sa prédécesseur la 5512 et elle se trouve régulièrement d’occasion aux alentours de 14 000 euros.

Rolex Daytona 6263 « Big Red »

Belmondo Daytona 6263 christies

Sa Rolex Daytona 6263 fait partie de ses montres cultes, entre autres parce qu’on pouvait la voir sur l’affiche du film Peur sur la Ville sorti en 1975. Il la portait également dans L’Incorrigible la même année et dans L’Alpagueur en 1976.

Cette pièce date de 1969 et Belmondo l’aurait acheté en 1970 à Paris, aux environs de 3 000 francs. Il portait donc sa montre personnelle sur ces films. Des années plus tard, il a offert cette montre à son fils Paul avant qu’elle ne soit vendue à un particulier, certainement fan de la marque de Hans Wilsdorf et de ce monument du cinéma Français.

En 2013, pour fêter les 50 ans de la Daytona, la maison Christie’s a organisé une vente aux enchères dédiée à l’évènement lors de laquelle cette Daytona refait surface. Elle était alors estimée entre 50 000 et 100 000 euros, mais elle fut adjugée à 165 000 euros. En 2021, on peut estimer que l’acheteur de l’époque a fait une très bonne affaire et on ne peut qu’imaginer le prix auquel elle se vendrait si elle réapparaissait…

Rolex Datejust

Belmondo datejust 16013

Toujours chez la marque à la couronne, on a pu voir Bébel en 1979 avec une Rolex Datejust  dans Flic ou voyou. Elle fait partie des modèles les plus simples et les plus efficaces de la marque suisse, tout en transmettant parfaitement ses valeurs et en exprimant à merveille les codes chers à Rolex depuis ses débuts. La première Datejust fut lancée en 1945, mais celle de Belmondo est certainement une référence appartenant à la famille des 160xx qui ont commencées à être produites aux alentours de 1977 et jusqu’en 1988.

Rolex Day-Date

Belmondo Day Date 18038

Dernière montre de la marque pour aujourd’hui : une Rolex Day-Date dans Le Guignolo en 1979 à nouveau. Cette montre est souvent surnommée la Rolex Président, entre autres suite aux nombreux leaders internationaux qui ont été vus avec des modèles de cette collection au poignet, comme on a pu le voir dans notre article sur les montres des présidents. En réalité, c’est le bracelet spécifiquement développé pour la Day-Date et lancé en même temps en 1956 qui porte le nom officiel de bracelet Président depuis les milieu des années 60.

Depuis son lancement, la Day-Date n’existe qu’en métaux précieux à savoir l’or jaune, l’or rose, l’or blanc et le platine. Celle qu’il porte est en or jaune avec un cadran blanc et il semble qu’il s’agisse d’une référence 18038 lancée en 1977. Il s’agit de la toute première référence de Day-Date à remplacer le verre acrylique par un verre saphir et à être équipée du calibre 3055 offrant une option de changement de date rapide. Elle offre un boîtier de 36 millimètres, taille d’origine de cette montre emblématique adorée des riches et puissants.

Cartier Panthère

Belmondo Cartier Panthere

On change de marque pour découvrir deux belles Cartier au poignet de l’acteur de génie. La première est une Cartier Panthère que l’on retrouve en 1984 dans Joyeuses Pâques. À l’époque, on a également vu Pierce Brosnan ou encore Keith Richard des Rolling Stones porter cette pièce unisexe qui était donc assez prisée de la JetSet internationale. La collection fut lancée l’année précédente en 1983 et fut produite jusqu’en l’an 2000 avant d’être arrêtée, puis réintroduite en 2017. Celle de l’As des As est entièrement en or jaune avec un cadran blanc. Elle existe aujourd’hui en 2 tailles : 22 millimètres et 27 millimètres de diamètre, toutes entraînées par des mouvements à quartz.

Cartier Tank

Belmondo Cartier Tank 1972

Seconde pièce de chez Cartier pour le cascadeur : une superbe Tank qu’il porte dans le film L’héritier. La Tank porte ce nom en référence au tank Renault FT-17 qui aurait servi d’inspiration à Louis Cartier lui même pour le choix des formes de cette montre dessinée en 1917 et proposée au public en 1919. Le mariage du carré et du rectangle est réussi et la montre devient rapidement la pièce la plus iconique de la marque. Elle fut dérivée en un nombre incalculable de référence et reste aujourd’hui une des pièces phares de Cartier.

Cartier Pasha et Ballon bleu

Cartier Pasha et Ballon Bleu

Plusieurs sources parlent également d’une Cartier Pasha et d’une Cartier Ballon Bleu à son poignet, la première dans les années 80 et la seconde après 1990, mais difficile de trouver des images claires en attestant. Quoi qu’il en soit, il semble apprécier ce que dégagent les garde-temps de cette marque française.

Montre Mystère

Belmondo mystere

En 1984, on découvre une montre au poignet de l’acteur sur l’affiche du film Les Morfalous et il en porte une autre à l’écran. Problème : nous n’avons réussi à en identifier clairement aucune des deux et la toile ne semble pas plus avancée que nous sur le sujet. Une idée ?

Breitling Chronomat 81950

Belmondo Breitling Chronomat 81950

En 1988, on a pu le voir dans Itinéraire d’un enfant gâté, rôle pour lequel il a d’ailleurs remporté le césar du meilleur acteur, avec une Breitling Chronomat en or et acier montée sur un bracelet en cuir. Il semblerait qu’il s’agisse d’une référence 81950 proposant un boîtier de 39 millimètres de diamètre renfermant un calibre ETA Valjoux 7750, un des mouvement de chronographe automatique les plus célèbres au monde qui fut lancé en 1974. Cette montre se trouve d’occasion en dessous de 2 000 euros.

Panerai Luminor Marina PAM00024

Belmondo Panerai Luminor Marina PAM00024

On change de millénaire et on découvre Bébel en 2001 dans une série télévisée avec une Panerai Luminor Marina au poignet. Cette montre de plongée imposante offre un boîtier de 44 millimètres de diamètre sur lequel on retrouve le protège couronne si caractéristique de la Luminor. Elle est équipée d’une lunette rotative unidirectionnelle comme toute montre de plongée qui se respecte et on retrouve un guichet de date à 3h et un sous-cadran petite-seconde à 9h. Elle se trouve d’occasion aux alentours de 5 000 euros.

Hamilton Linwood

Belmondo Hamilton Linwood

En 2009, Jean-Paul Belmondo porte une Hamilton Linwood dans le film Un homme et son chien. Non ce n’est pas un remake de John Wick. Hamilton fait partie du Swatch Group et est très souvent présente au cinéma. On a pu la voir au poignet de Bruce Willis dans Die Hard V, ou encore au poignet de nombreux acteurs dans la série Men In Black, qui portent tous des variantes de la célèbre Ventura comme on en parle dans notre article et vidéo sur les montres cultes du cinéma.  Les premières montres de la marque appelées Linwood remontent à 1938, mais c’est au milieu des années 90 qu’Hamilton a remis ce nom sur le devant de la scène avec un nouveau design qui inspirera ensuite de nombreux autres modèles.

Porsche Design chronographe ref 7176S

Belmondo Porsche Design chronographe 7176S

Dans le film Le Marginal, Belmondo porte un chronographe Porsche Design de couleur noire. Il s’agit d’une montre au style militaire né du partenariat entre Porsche Design et Orfina, un fournisseur de l’armée qui faisait partie des premières entreprises à maîtriser le concept de la finition PVD. À la base, cette technique était utilisée entre autres pour noircir les commandes des avions militaires pour améliorer le contrats des indications luminescente et ainsi leur lisibilité. Ce n’est que plus tard que la finition fut utilisée pour des raisons esthétiques. Il s’agit donc d’un des tous premiers garde-temps de l’histoire à avoir reçu ce traitement.

Cette montre fut dessinée par Ferdinand Alexander Porsche, l’homme entre autres à l’origine de la 911, excusez du peu. Son boîtier mesure 38 millimètres de diamètre pour 12,5 d’épaisseur ce qui en fait une pièce relativement discrète. Elle est entraînée par un calibre suisse Lemania 5100, un mouvement de chronographe automatique reconnu comme très fiable et robuste.

On peut noter qu’il s’agit d’une montre similaire à celle que l’on retrouve au poignet de Tom Cruise lorsqu’il joue un pilote d’avion légendaire dans Top Gun !

Seiko UFO 6138

Belmondo Seiko UFO 6138

En 1973 dans Le Magnifique, voilà notre Bébel national avec une Seiko UFO. Cette montre imposante dispose d’une boîtier en acier de 44 millimètres de diamètre et d’une lunette en aluminium. Il s’agit d’un superbe chronographe avec deux sous-cadrans à 12h et 6h et des guichets de date et de jour à 3h. Elle est entraînée par le calibre 6138B offrant 45 heures de réserve de marche. Elle se trouve d’occasion entre 600 et 1 500 euros, relativement accessible pour une pièce de la collection du Magnifique avec une vraie identité !

Breguet chronographe à calendrier perpétuel No. 576.

Belmondo Breguet No. 576

En 1974, pendant le Festival de Cannes, on a pu voir l’acteur avec une Breguet à calendrier perpétuel.  Il pourrait bien s’a s’agir de cette Breguet No. 576 qui a fait surface dans une vente aux enchère Christie’s indiquant qu’il s’agissait d’une montre fabriquée en 1972 et vendue en le 22 décembre 1973 à un certain monsieur Belmondo pour 3 500 francs. Difficile de savoir si il s’agit de Jean-Paul ou de son père qui a effectué cet achat, mais à en croire les photos du festival de l’époque, on e notre petite idée.

Cette montre est entraînée par le mouvement mécanique 88.13 et propose deux guichets à 12h indiquant le jour et le mois en cours. La date se lit en périphérie du cadran grâce à une longue aiguille dateur bleue.  Dans le sous-cadran à 6h, on retrouve l’indicateur de phase de lune. La montre est équipé d’une complication de chronographe et on retrouve les minutes de ce dernier dans le sous-cadran à 3h alors que celui à 9h sert pour la petite-seconde.

Elle fut vendue aux enchères en 2016 pour 75 000 francs suisses soit environ 70 000 euros. Est-ce que c’est ce que l’on appelle une belle plus-value ?

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