En ce début d’année 2026, la maison française Hermès revisite un des modèles phares de sa collection horlogère, la Slim Squelette Lune. Ce sont deux nouvelles versions de cette montre habillée sans compromis que nous propose la marque. Un modèle élégant qui ose se mettre à nu et utiliser des matériaux surprenants, voyons en détail ce que cache cette montre.
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Boîtier titane ou platine : on ne s’y trompera pas

On pourrait passer rapidement sur son boîtier rond de 39,5mm aux cornes fines et élancées. Il paraît presque basique avec son étanchéité de seulement 3 bar et ses lignes épurées. Pourtant ne vous y trompez pas, il n’est pas ici question d’acier inoxydable. Vous remarquerez une différence de teinte entre la version cadran gris et la version bleue. Et pour cause, la première a un boîtier en titane grade 5 microbillé avec traitement DLC anthracite sur la lunette, tandis que la bleue est en platine. Hermès joue ici la carte du boîtier précieux qui cache bien son jeu. C’est deux approches totalement différentes qui éveillent les sens. Visuellement et au toucher, les deux matériaux n’ont rien à voir. De la brillance froide du platine à la chaleur matte du titane, les deux ont leur place dans la même collection. Il faut tout de même reconnaître que la version titane est la plus osée. La couronne arbore fièrement le H, symbole et initiale de la marque. Son moletage est facetté avec des lignes douces et arrondies, signe du travail de précision cher à la maison.
Un mouvement sculptural cher à la marque

Entrons dans le vif du sujet avec le mouvement qui anime ce garde-temps. Motoriser une montre squelettée n’est pas chose aisée, surtout quand on s’appelle Hermès et que rien ne doit être laissé au hasard. Le mouvement doit être irréprochable, à la fois de par sa forme mais aussi de par son esthétique et ses spécifications techniques car il tient le premier rôle dans le design final. Il faut dire qu’ici l’exercice est plutôt bien réussi. Il s’agit du calibre de manufacture extaplat H1953. Parmi les 178 composants nécessaires à son assemblage, on notera le micro-rotor et les ponts diamantés et microbillés. La couleur des ponts diffère selon le modèle, passant du vert d’eau sur la grise, au bleu sur l’autre version. Ce n’est pas non plus un monstre de performances avec un fonctionnement en 21 600 alternances par heure (3Hz) et seulement 48 h de réserve de marche. Sans doute des concessions faites à l’esthétique et à l’épaisseur de seulement 3,57mm qui donne à la montre son nom de « Slim ». Il n’en demeure pas moins que ce mouvement est d’une grande beauté. Que ce soit de face avec ses ponts ajourés et rainurés laissant notamment admirer la valse du micro-rotor, ou de dos avec ses rouages exhibant fièrement leur finition irréprochable et les oscillations du balancier-spiral.
Le cadran : une ode à la contemplation

Finalement, il ne reste plus beaucoup d’espace visuel pour le cadran à proprement dit, preuve de la réussite du squelettage. Au centre en partie basse trône la complication de double phase de lune. Double car deux lunes sont représentées. Hémisphère sud ou hémisphère nord, pas de jaloux. Détail que l’on apprécie chez LeCalibre, l’aspect réaliste des lunes qui donne de l’authenticité au cadran, comme un vrai outil de mesure plus qu’une complication poétique. Autour, la minuterie est sobre avec une typologie minimaliste et moderne, tout comme les marqueurs de la minuterie. Enfin, la mention « Hermès Paris » prend place à 6 h, sur une partie du cadran faisant le lien structurel avec la phase de lune. Visuellement tout semble à sa place dans un équilibre visuel constant. Les aiguilles bâtons sont d’ailleurs d’une grande discrétion rappelant que la lecture de l’heure et des minutes est ici secondaire. Hermès met l’accent sur la contemplation plutôt que sur l’information.
Un vrai bracelet Hermès

Impossible de présenter une montre Hermès sans s’attarder sur le bracelet. Bleu ou gris, assorti avec la couleur de cadran, il pourra être au choix en cuir d’alligator ou en cuir de veau. Inutile de préciser que le plus grand soin est apporté au patronage et aux coutures de ce bracelet, Hermès étant avant tout une maison de maroquinerie. Détail singulier, la boucle ardillon siglée Hermès est à double traverse. C’est une signature de la marque et un hommage à son héritage de sellier pour chevaux. Initialement, ce pont de renfort sert à répartir l’effort de tension sur le cuir et assurer une meilleure longévité de l’harnachement.
Fiche technique
- Boîtier : Titane (version grise) ou Platine (version bleue)
- Diamètre : 39,5 mm
- Mouvement : Manufacture Automatique H1953 micro-rotor phase de lune
- Réserve de marche : 48 heures
- Etanchéité : 3 bar
Conclusion
Cette nouvelle Hermès ne révolutionne pas sa dresswatch Slim. Pourtant, cette mise à jour va plutôt bien au modèle. En particulier, c’est la déclinaison grise en titane sablé qui retient notre attention. En utilisant des solutions techniques souvent réservées aux montres outils, c’est un délicieux cocktail d’élégance et de technique horlogère que nous propose Hermès. Avec cette double phase de Lune et ce mouvement hypnotique, cette Slim Squelette Lune est une incitation à la réflexion sur la mécanique du temps.
Dernière modification de l’article le 26/02/2026
Ingénieur de métier, Olivier est passionné par tout ce qui touche de près ou de loin à la mécanique. Après celui de l’automobile et de la moto, c’est le virus de l’horlogerie qui l’a piqué il y quelques années. Il met aujourd’hui à profit son enthousiasme et sa curiosité pour les belles montres en contribuant à l’univers Le Calibre au travers d’articles et de vidéos.