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L’horlogerie est un domaine vaste et fascinant qui est intimement lié à notre perception du temps. Parmi ses aspects les plus cruciaux figurent les différents mouvements de montres. Il s’agit d’un sujet primordial pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent approfondir leur connaissance de l’horlogerie. Dans cet article, nous allons aborder les principaux types de mouvements de montres, leurs avantages et leurs inconvénients, ainsi que les moyens de les distinguer. Et si vous êtes déjà un connaisseur, ne vous inquiétez pas, il y a toujours quelque chose de nouveau à apprendre, et nous profiterons de cette occasion pour mettre en valeur de magnifiques pièces.

Différence entre un calibre et un mouvement

Tout d’abord, nous devons éclaircir un malentendu courant, même parmi les passionnés et les spécialistes : la différence entre un calibre et un mouvement. Le mouvement détermine la source d’énergie de la montre, qui peut être mécanique manuelle, mécanique automatique ou à quartz, les trois types principaux que nous aborderons dans cet article. Le calibre, en revanche, se réfère à l’ensemble des pièces qui compose ce mouvement.

Pour établir une analogie, si une montre était une voiture, le mouvement serait le type de moteur (essence, diesel, électrique, etc.), tandis que le calibre serait l’appellation spécifique de ce moteur (par exemple, un M156 V8, un S85 V10 ou un VR6).

Nous évoquerons également deux types de mouvements hybrides qui combinent la technologie du quartz et celle du mécanique. Bien sûr, il existe de nombreux autres types de mouvements, mais ceux-ci sont plus rares et avec cet article, nous couvrirons plus de 90% des mouvements que vous rencontrerez.

Il est important de noter que pour nous, il n’y a pas de hiérarchie intrinsèque entre ces mouvements. Même si nous avons une préférence pour les mouvements mécaniques de manière générale, chaque type offre différents niveaux de qualité à des prix variés. Par exemple, un quartz 9F de Grand Seiko peut surpasser un mouvement mécanique d’une marque plus accessible comme Seagull. Ce sont simplement deux produits différents, chacun avec ses propres caractéristiques, et vu l’écart de prix, une comparaison directe ne serait pas appropriée.

Fonctionnement des mouvements mécaniques

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Pour comprendre comment les mouvements fonctionnent, commençons par le plus traditionnel : le mouvement mécanique. Les premiers mouvements mécaniques ont été inventés au Moyen Âge, vers le XVe siècle. Avant cela, les horloges utilisaient des systèmes de poulies et de poids pour contrôler le mouvement des aiguilles.

Le principe du mouvement mécanique est plutôt simple : pour recharger une montre, on vient “comprimer” un ressort qui est placé dans une boite cylindrique : le barillet. Naturellement, le ressort va vouloir se “détendre” pour retrouver son état initial, c’est ce qui va créer notre source d’énergie.

Ces mouvements sont dits “mécaniques” mais ils peuvent être alimentés en énergie de différentes manières comme on va le voir juste après. C’est cette source d’énergie qui va permettre aux rouages et aux pignons d’afficher l’heure en activant les différents disques. Mais pour que l’énergie ne s’échappe pas d’un seul coup et pour que la montre puisse indiquer un temps exact, il faudra alors la réguler en contrôlant son échappement. Pour ce faire, la montre aura donc besoin d’un échappement (souvent à ancre) et d’un balancier spiral pour venir réguler le tout.

Mouvement mécanique à remontage manuel et automatique

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Pour le mouvement mécanique à remontage manuel, on “comprime” le ressort en tournant la couronne “manuellement”. Cette opération doit être effectuée régulièrement pour garantir le fonctionnement et la précision de la montre.

Il est important de noter que les mouvements mécaniques à remontage manuel modernes sont souvent équipés de mécanismes de protection pour éviter un remontage excessif qui pourrait endommager le ressort moteur. Cependant, il est toujours recommandé de faire preuve de prudence lors du remontage manuel. En général, il est conseillé de limiter le remontage à 25 tours et de stopper si une résistance est ressentie pour éviter d’endommager le mouvement. En forçant, vous pouvez endommager le mouvement et vous serez bon pour envoyer votre montre en réparation à l’AtelierDuCalibre.com !

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Pour les mouvements mécaniques à remontage automatique, l’énergie est produite par les mouvements du poignet. Il existe différentes techniques pour cette automatisation, mais le plus répandu est le remontage à rotor (aussi appelé “masse oscillante“). Ici, un rotor est le plus souvent placé à l’arrière du mouvement et fixé en son centre. Le principe est simple : la masse se déplace généralement sur 360˚ et va donc toujours se positionner en direction du sol lorsque l’on bouge le poignet. L’énergie sera alors transmise jusqu’au ressort de barillet en venant comprimer ce dernier de manière “automatique”.

Ici aussi, le mouvement est construit de manière à ce qu’il soit impossible de “trop” remonter la montre. Pas de risque donc de “trop” porter votre montre automatique, ou de trop la remonter sur un remontoir. Si vous utilisez ce type de dispositif, il est tout de même important de mentionner quelques recommandations. Premièrement, il n’est pas recommandé de laisser votre montre tourner de manière trop rapide et continue sur un remontoir. Deuxièmement, si vous laissez toujours votre montre sur remontoir, nous vous conseillons de ne pas dépasser 1350 tours par jour pour éviter d’endommager le mouvement de la montre. Vous trouverez ici des liens vers des remontoirs qui permettent ce réglage spécifique.

Reconnaître un mouvement mécanique : Le savoir qui différencie les passionnés

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Un mouvement mécanique se distingue généralement dès le premier coup d’œil. Que la montre soit remontée manuellement ou automatiquement, la clef de sa reconnaissance se trouve dans le déplacement de la trotteuse, si elle en a une. À l’inverse d’un mouvement à quartz, dont nous parlerons plus tard, un mouvement mécanique “glisse” la trotteuse. Autrement dit, celle-ci se déplace plusieurs fois par seconde (8 fois par seconde pour un mouvement de 4 Hz, 10 fois par seconde pour un mouvement de 5 Hz, 20 fois pour un mouvement “High Beat” de 10 Hz, etc.).

Un exemple stupéfiant de ce mouvement mécanique est celui de la Zenith Defy Lab. Son mouvement El Primero 21 à haute fréquence affiche les 1/100e de secondes et en regardant des images de cette pièce en action, on a l’impression que les vidéos sont accélérées. C’est là que l’on mesure le génie horloger : nous sommes ici à 5Hz pour le chronométrage classique, mais à 50Hz pour la fonction du chronographe ! (2 échappements sont indépendamment montés sur cette montre.)

Si la trotteuse glisse et qu’elle ne s’arrête pas toutes les secondes de manière saccadée, alors vous avez probablement en main une montre mécanique. Plus traditionnel et “vivant”, le mouvement mécanique est généralement considéré comme le plus “noble”. Non seulement, il est écologique (il n’a pas besoin de pile ou de batterie pour fonctionner), mais avec un entretien approprié, sa durée de vie peut se compter sur plusieurs générations.

Cela dit, il faut noter que les mouvements mécaniques sont généralement moins précis que ceux à quartz. Oui, votre Casio est probablement plus précise que votre Rolex ou votre Patek Philippe !

Mais alors, cette montre A Lange & Söhne et sa trotteuse qui saute de seconde en seconde, est-elle à quartz n’est ce pas ? Et bien ne vous fiez pas aux apparences et souvenez vous qu’il existe toujours des exceptions… Cette montre est équipée d’une “seconde morte”, une complication très rare. Si avant l’arrivé du quartz, cette complication était très prisée, elle l’est aujourd’hui beaucoup moins. Vous l’aurez compris, comme le dit souvent Théo, “En horlogerie, la complication n’est jamais loin”.

Mouvement à quartz : Une prouesse technologique

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Source: Watchgecko

Parlons maintenant du mouvement à quartz. Ce dernier utilise un oscillateur à quartz, un cristal de silicium qui vibre à une fréquence très stable lorsqu’il est soumis à un champ électrique. Cette fréquence de vibration est convertie en impulsions électroniques qui sont comptées par un circuit électronique pour déterminer le temps.

Lancé publiquement en 1969 par Seiko, le mouvement à quartz a révolutionné l’industrie horlogère. Il a rapidement été adopté par toutes les montres d’entrée de gamme et reste largement utilisé aujourd’hui. Il est polyvalent, peu complexe, fiable, et ne demande que peu voire pas d’entretien.

Pourquoi le quartz a-t-il ensuite été mis de côté ?

Il arrive en effet que des amateurs et autres puristes voient le mouvement à quartz comme “la bête noire” du monde de l’horlogerie. Il est, en effet, moins noble que le mouvement mécanique, mais chez LeCalibre, on trouve vraiment dommage de se couper de tout un pan de l’horlogerie pour ce genre de principe. Il existe des mouvements à quartz très intéressants, entraînant parfois des pièces magnifiques avec une histoire, un vrai savoir-faire, une vraie identité et un véritable intérêt d’un point de vue horlogerie. De plus, un mouvement à quartz de qualité est bien plus accessible qu’un mouvement mécanique de qualité ce qui permet de proposer des pièces à des rapport qualité-prix imbattables.

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Le mouvement à quartz est également bien plus fin qu’un mouvement mécanique et il n’y a pas besoin de le remonter ou de remettre à l’heure sa montre à chaque fois que la réserve de marche est arrivée à son terme. La majorité des membres de l’équipe du Calibre a toujours une petite quartz pas loin en cas de départ précipité, ou pour les activités sportives, car oui, le mécanique est de manière générale plus fragile que le quartz.

Fun Fact : même Rolex s’est essayé au Quartz ! D’abord en 1970 en produisant 1000 montres équipées d’un mouvement développé par un consortium de maisons horlogères suisses dont faisait partie la marque à la couronne, puis en 1977 en lançant les collections Oysterquartz équipées de deux mouvements manufactures : le 5035 pour la Datejust et le 5055 pour la Day-Date. Ces mouvements étaient le très haut de gamme du quartz et bénéficiaient de finitions dignes des mouvements mécaniques des plus grandes maisons. Rolex produira les Oysterquartz jusqu’en 2001 environ et les stocks furent épuisés en 2003. Les estimations parlent de moins de 25,000 montres produites pendant cette période.

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Source:time and tide watches

Comme évoqué, de manière générale, il est facile de reconnaître une montre à quartz par le mouvement de sa trotteuse. Mais tout comme pour le mouvement mécanique, il existe différents types de mouvements à quartz, dont voici les principaux.

Mouvement à quartz solaire

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Source : strapcode

Un mouvement solaire à quartz utilise une cellule photovoltaïque pour convertir l’énergie solaire en énergie électrique qui alimente le mouvement à quartz. La cellule photovoltaïque est intégrée à la montre et peut être rechargée par exposition à la lumière, naturelle ou artificielle. Lorsque la montre est exposée à la lumière, la cellule photovoltaïque convertit l’énergie lumineuse en énergie électrique qui est stockée dans une petite batterie. La batterie alimente ensuite le mouvement à quartz qui mesure le temps.

Le mouvement solaire de montre à quartz est pratique, car il ne nécessite pas de remplacement fréquent de batterie. De plus, il peut fonctionner pendant plusieurs mois sans être exposé à la lumière si la batterie est bien chargée. Certaines montres vont d’ailleurs venir se mettre à 10h10 après un certain temps passé dans le noir afin d’économiser la batterie, et elles reviendront se mettre automatiquement à l’heure dès qu’elle reveront la lumière ou resentiront du mouvement.

Les mouvements à quartz solaires sont de plus en plus mis en avant sur le marché, en partie dans une logique de développement durable et de limitation des déchets, mais aussi parce que la technologie devient de plus en plus accessible financièrement tout en gagnant en efficacité et en fiabilité. C’est par exemple, la direction que semble prendre Citizen avec leur mouvement Eco-drive qui utilise leur technologie développée en interne produisant de l’électricité dans des conditions de faible luminosité.

Le mouvement méca-quartz

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Un mouvement de montre méca-quartz est un mouvement hybride qui combine des éléments mécaniques et à quartz. Il utilise un oscillateur à quartz pour mesurer le temps avec une grande précision, mais se dote d’un module mécanique pour une partie de son fonctionnement. Dans la majorité des cas, le méca-quartz se retrouve sur des chronographes. Dans ce cas, le mouvement à quartz donne l’heure et un module mécanique s’occupe de faire fonctionner le chronographe. On peut donc retrouver un chronographe méca-quartz sur lequel l’aiguille du sous-cadran de petite-seconde se déplace une fois par seconde, comme un mouvement à quartz classique, alors que l’aiguille des secondes du chronographe “glisse” et se déplace comme celle d’une montre mécanique.

Certaines maisons décident même de “tricher” en quelques sortes en utilisant le module mécanique du méca-quartz uniquement pour entraîner la trotteuse de la montre. Cela signifie que visuellement, la montre fonctionne comme une montre mécanique avec une seconde glissante, mais avec la précision du quartz et le tout à moindre coût. C’est notamment le cas des AVI-8 Lewin Royal British Legion Falklands.

Et l’auto-quartz ?

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Un mouvement auto-quartz marie lui aussi l’électronique et le mécanique, mais de manière différente. Il s’agit en réalité d’un mouvement à quartz, mais qui est alimenté en énergie par un rotor de montre mécanique. L’exemple le plus connu sur le marché est le mouvement Spring Drive de chez Seiko, qui annonce une précision inatteignable par les montres mécaniques tout en utilisant les mouvements du porteur pour alimenter la montre en énergie.

C’est tout ?

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Source : Robb Report

Les mouvements que l’on vient de voir équipent plus de 99 % des montres du marché, mais il existe des exceptions, notamment chez certains horlogers indépendants et autres marques de Haute Horlogerie qui décident de réinventer ou de réinterpréter le mouvement de montre. On peut par exemple évoquer les mouvements hydro-mécaniques à pistons de chez HYT, les mouvements électriques, qu’ils soient à diapason comme l’Accutron de chez Bulova, à bobine mobile comme certaines vintage de chez Hamilton ou à bobine fixe comme de vielles pièces de chez LIP, etc.

En résumé, bien que l’horlogerie semble principalement reposer sur le quartz et le mécanique, qui sait ce que l’avenir nous réserve ?

Dernière modification de l’article le 25/09/2025

jeremy-gremillet-lecalibre

Basé entre Paris et la région de Genève, avec des explorations fréquentes à l’international, mon itinéraire professionnel m’a vu évoluer de l’événementiel en Asie et du secteur immobilier français en passant par des sphères variées telles que la formation, la création multimédia et l’intelligence artificielle. Ma curiosité m’a conduit vers l’horlogerie sur le tard. Depuis des années, je suis fier de pouvoir partager les subtilités de ce domaine sur lecalibre.com, média devenu une véritable référence francophone sur le secteur !

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